L'Empire des Maths
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Décembre 2007 4.1
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Bonjour, alors voici, pour la newsletter du mois de décembre...un résumé d'une conférence donnée par Albert Jacquard. Cela n'a pas trop de rapport avec les mathématiques mais bientôt suivra une news sur l'histoire des chiffres, alors prenez le temps de lire ce que cet homme de 84 ans veut nous dire de l'avenir...
Ensuite, si cela ne vous plaît pas, je vais faire un petit résumé, qui en plus de la lettre d'information à propos des dernières mises-à-jours et des prochaines modifications, va compléter ce que je veux faire de ce site...
Voilà, c'est déjà pas mal.
Ci-dessous, la lettre d'information que j'ai mise sur le site...
Lettre d'information à propos des mises-à-jours
Bonjour, voici une lettre d’information afin de vous mettre au courant des nombreuses mises-à-jour qui ont eu lieu sur votre site préféré. Alors voilà :
Voilà, je pense que c'est
tout.
L'Administrateur du site
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Le mardi 16 octobre 2007 Au Collège Marie-de-France http://www.mariedefrance.qc.ca/siteweb/index.cfm (à Montréal, Canada)
Tout d’abord, la proviseure du Collège de Marie-de-France nous fit un petit discours afin d’introniser le personnage. Elle dit d’abord qu’Albert Jacquard est un être multiple qui, né en 1925 peut se vanter d’avoir passé 2 bacs, un en philosophie et un en mathématiques élémentaires, et puis pour avoir écrit de nombreux livres qui font beaucoup réfléchir sur l’homme. Pour finir, elle ajouta quelques citations tirée du livre d’Albert Jacquard : « Mon utopie » : « La cité idéale est celle où tout est école » « Le système éducatif y enseignera l’art de la rencontre. »
Puis, l’homme de 82 ans, qui avait déjà beaucoup fait, Albert Jacquard prit la parole. Il expliqua le thème de sa conférence en racontant sa rencontre avec Yann-Arthus Bertrand, photographe professionnel (notamment auteur de « La Terre vue du Ciel »), qui accepta qu’Albert Jacquard commente une soixantaine de ses photos. C’est ainsi que naquit « Regards partagés ». Pour la conférence, il nous expliqua qu’il allait seulement en présenter quelques unes (12 ou 13) et qu’il allait « réagir » face à ces photos et en développer une réflexion.
Première photo
La première photo représentait un paysage de désert, dans une mer de dunes, avec, en bas de la photo, une petite caravane de chameaux dirigées par un gomme. Albert Jacquard commença donc sa réflexion.
Les dunes ont été modelées par le vent. Et le vent les a modelées. Voici l’état du monde quand les quatre forces (deux forces nucléaires, la forte et la faible, la gravité et l’électromagnétisme) sont à l’œuvre. De la petite bactérie à la plus grande planète, tous et toutes sont soumis à ces forces. En soi, ce que l’on voit sur l’image n’a aucun intérêt ; les dunes sont monotones et se ressemblent toutes. Mais quand on remarque la caravane en bas, on se dit que malgré les forces que déploie la nature, l’homme représenté ici par le chef de la caravane, va où il veut. Le monde subit sa décision et le permet. L’homme se dirige le futur et regarde son avenir.
À ce moment-là, il nous donna une « définition » de ce que c’est qu’être homme. Il dit que c’est « être capable » de dire « moi », « je ». C’est de savoir qu’on est et qu’on existe. Le chameau aussi respire, marche, mange, se reproduit. Mais il ne sait pas qu’il est. L’homme oui. Saint François d’Assise disait que tous les êtres vivants étaient ses frères et ses sœurs. Mais avant, il y a longtemps, “quatorze milliards d’années plus tôt, une goutte d'eau est ma sœur”. Tous les êtres vivants ne sont pas comme l’homme. Ils subissent, l’homme module.
Le désert est quelconque en soi. Mais l’image du caravanier nous renvoie à nous-mêmes. Les étoiles, la mer sont beaux. Pourquoi ? Parce que l’homme existe, parce que j’existe. Si tout est beau, c’est parce que moi, en tant qu’être humain, je suis là et je le sais, en tant qu’être humain. J’apporte de la beauté au monde. Voilà pourquoi il faut se battre pour empêcher l’anéantissement du monde.
Ce fut sa première conclusion : il ne faut anéantir l’homme, sinon, c’est la beauté du monde et de l’univers qui sera anéantie.
Seconde photo
La seconde photo représentait un régiment de policier, bien alignés, attendant d’aller défiler, le jour du 14 juillet. Sur cette image, seul un policier du régiment avait levé la tête afin de regarder l’hélicoptère, les autres étaient restés rigides. Pourquoi les autres ne levèrent-ils pas la tête ? Pourquoi restèrent-ils passifs ?
Albert Jacquard raconta alors une anecdote de sa propre vie, lorsqu’en 1940, il avait été militaire. Il avait alors appris que la discipline fait la force des armées. Ainsi la force de l’individu humain, qui est de vouloir et de le pouvoir, était rayée de ce que le soldat devait faire. Il devait juste marcher. Comme l’a si bien dit Einstein, « pour marcher au pas, nul besoin d’un cerveau, une moelle épinière suffit ! » et que si on a un cerveau, on marche mal. Ces hommes aussi doivent marcher au pas sur les Champs Élysées ; être servile est une nécessité pour les militaires.
Il rajouta aussi que cet homme, qui avait levé la tête, avait ainsi sauvé son régiment. Devant les choses nouvelles, les autres ont tournés le dos. Pour se satisfaire aux normes, il faut renoncer à la nouveauté, elle qui fait horreur aux gens d’aujourd’hui. En fait, d’après Albert Jacquard, c’est la notion de norme qui est épouvantable, car la nouveauté fait la différence entre les hommes. Il est nécessaire d’apporter des idées changeantes à l’homme pour le faire progresser. Les hommes sont tous différents.
Troisième photo
Cette image représentait un lotissement de maisons, toutes semblables, bien alignées. Si on a un autre type de maison, alors la personne va paraître louche et va être envoyée en prison. Ce qui déplait énormément est le fait que les autres puissent être différents. Les hommes deviennent contents s’ils ressemblent au voisin. C’est grave de ressembler ainsi et d’établir des normes. Le concept de ressemblance est ainsi à bannir. Les hommes ne doivent pas se ressembler.
Au tout début, le type de multiplication, était la reproduction. D’un être, deux se formaient, exactes au précédent. Ainsi, une vraie photocopieuse multipliait les êtres. Ça faisait le nombre mais pas de neuf. Puis, par une erreur, deux êtres se sont mis ensemble et ont produit un seul être. C’est le début de la procréation. De deux, le produit n’est plus 4 mais 1.
Puis, pendant longtemps, deux clans de scientifiques se sont formés. Il fallait savoir lequel des deux entre la femme et l’homme est le plus important. Ainsi, longtemps, les ovistes se sont opposés aux spermatistes. Puis Mendel arriva, avec sa théorie des petits pois.
Il avait en effet essayé, avec des petits pois jaunes et verts de faire des croisements. Deux jaunes donnaient un jaune, deux verts un vert, un vert et un jaune un jaune, puis un jaune et un jaune un vert. Dans cet embrouillamini, il comprit qu’en fait, nous possédons deux gènes. Nous sommes donc constitués à moitié de sa mère et à moitié de son père.
Donc, de la reproduction, c’est passé à la procréation. Et faire ces lotissements, c’est en fait faire un retour en arrière de quelques milliards d’années. En réalité, faire l’amour, c’est faire n’importe quoi, ajouta-t-il en souriant. Nous sommes des ratés, des erreurs, notre cerveau est hypertrophié !!
Les neurones qui le composent sont environs 20 milliards. Avec tous ces neurones, si nous naissions le cerveau prêt, alors, il serait énorme. De plus, les synapses qui les relient sont environ 1 à 100 000 par neurone, c’est-à-dire 2 millions de milliards en tout. Et nous n’en faisons que 2 000 000 à la seconde !! Afin de rattraper le retard qu’a le cerveau humain à la naissance sur celui des autres animaux.
Ainsi, nous naissons sans les synapses et les fabriquons pendant notre vie.
Avec toutes ces informations et bien que l’homme n’est que 40 000 informations génétiques, ce qui est peu par rapport à certains animaux, chaque être humain est unique. Il faut se le mettre dans la tête : JE SUIS UNIQUE !!
Donc, au lieu de tenir compte de cette diversité, regardez ce que fait l’homme, il construit des copies conformes aux normes pour lui. C’est une insulte à l’humain !! Notre ennemi d’aujourd’hui est aussi la normalité et la conformité !!
Quatrième photo
Dans les échangeurs comme celui que nous montra Albert Jacquard, jamais on ne se rencontre. C’est d’ailleurs le but des architectes qui ont conçu cet échangeur. Nul croisement entre les autoroutes, et entre les autoroutiers surtout !! Ça permet d’éviter les feux rouges et d’aller plus vite…Ah, quelle société basée sur la vitesse…
À ce moment là, il nous parla de tribus africaines. Ces tribus avaient des chemins, par ethnie, qui reliaient leurs villages. Et c’est au croisement de deux chemins que les hommes se rencontraient.
Dans les échangeurs, la richesse du cerveau de l’homme (qui se développe d’ailleurs par la rencontre avec les autres hommes) est oubliée. Sans parents, l’enfant deviendrait-il un homme ? Sans hommes, l’homme deviendrait-il un homme ? Cet échangeur, c’est l’image de l’homme qui trahit et nie sa nature. Ainsi, l’échangeur porte très mal son nom, il n’y aucun échange entre les automobilistes.
Les seules rencontres qui ont lieu, rajouta-t-il malicieusement, c’est lorsque sa voiture rentre dans la voiture du voisin !!
Cinquième photo
Dans la cinquième photo, on voyait l’île de Manhattan sans les 2 tours du World Trade Center. Albert Jacquard nous dit que les hommes qui les avaient construites étaient pris par un désir babélien de s’élever afin d’atteindre le ciel. Il ajouta qu’il fallait réfléchir sur le désir de fuir les autres hommes et de s’élever par rapport à eux. Et les terroristes ! Le mérite est de tuer l’humanité pour la défendre ! C’est absurde.
La mesure qui doit être prise sur la Terre : détruire tous les moyens de détruire l’humanité.
Sixième photo :La poubelle à ciel ouvert
La suivante représentait une décharge à ciel ouvert, où un enfant cherchait quelque chose. Ce qui pour nous est un déchet sera peut-être pour cet enfant un trésor.
L’homme s’est enfin rendu compte de la finitude de sa planète. La Terre est toute petite en fin de compte. Il y a longtemps, lorsque les hommes n’étaient que 16 000, alors tout paraissait immense. Mais maintenant, il faut tirer des leçons du passé. Il y a un maximum sur la terre.
Par rapport à l’hypothèse d’une autre planète semblable à la terre, Albert Jacquard nous dit qu’à supposer qu’il y en ait une, elle serait beaucoup trop loin pour nous. Rien que Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche de nous est à 4 années lumière, c’est-à-dire environ 260 000 fois la distance Terre-Soleil !! C’est énorme, donc aller sur une autre planète comme la Terre est impossible !
Nous ne sommes peut-être pas les seuls dans l’Univers, mais nous sommes isolés. Les conditions pour la survie de l’homme sur la Terre sont d’essayer de mieux ensemble et de supprimer la notion de déchet, et d’éliminer tous les déchets déjà accumulés.
C’est pourquoi, ajouta-t-il, les mandats électoraux sont trop courts. Il faut pouvoir prendre des décisions pour les 50-60 prochaines années, voir 100-200 ans à l’avance !!
Septième photo : Hélicoptères radioactifs
Tous ces hélicoptères ne servent plus à rien. On peut les mettre à la poubelle mais où ? Ils sont radioactifs ! Les armes sont devenues inutiles. C’est bête ! Beaucoup d’argent fut investi dans le domaine de l’Armement.
Conclusion, il faut faire attention à ce que l’on fait !! Et oublier le geste de chose inutile !
Huitième photo : Inondation
Pensez à Katrina ! La plupart des choses que fait l’homme a des résultats ! Par exemple un Tsunami…
Nous transformons petit-à-petit la planète. C’est l’effet papillon qui est en jeu. Albert Jacquard nous expliqua que prévoir la météo pour trois mois est impossible !! En effet, il faudrait tenir compte de tout ce qui se passe dans le monde, même les battements d’ailes d’un papillon !! D’où ce nom…
Alors, comme cet effet, il faut faire attention à nos actes car nous construisons le destin des générations suivantes ainsi !!
Neuvième photo : Camp dévasté
Les catastrophes causées par des humains peuvent toucher des populations entières, sous un motif religieux. Par exemple, les petits jihad et les croisades sont en fait utiles pour les pays qui les font pour le territoire mais pour paraître plus juste, on donne comme motif la religion. Mais les religions sont des outils pour la paix et non pour la guerre.
Il faut que la non-violence se mette en place. Et il faut d’abord et avant de juger l’autre, apprendre à le connaître. Ça nous aidera à avoir une autre vision du monde et nous aurons ainsi accès à des richesses, sans communes mesures…
Dixième photo : Un marché en Afrique
Maintenant, dans le monde Occidental où nous vivons, capitaliste de surcroît, aller au marché, c’est acheter d’un côté de l’étalage, et vendre de l’autre côté. C’est juste et simplement un échange de matière, donc une activité bien futile. Mais en Afrique, sur la photo en tout cas, le marché est un lieu pour discuter. L’important est de marchander le prix et non d’acquérir l’objet.
Aujourd’hui, on paye le prix sans discuter. Il n’y a plus de communications, et le but du marché est alors annihilé. Le marché devrait être une fête, le but des échanges, c’est comme une longue discussion et apprendre à connaître l’autre... Allez à Wall-Street, et vous verrez qu’il y a peu de joie sur le visage des hommes d’affaires.
Onzième photo : Une cour d’école
Sur la onzième photographie, on voyait une cour d’école de France, avec un groupe d’enfant. Sur le sol, une route était dessinée. Elle était destinée à apprendre aux enfants les normes du code de la route. On y apprend la soumission. Dans cette cour de goudron, plus un coin de verdure. Une école devrait être destinée à l’art de la rencontre. On devrait y apprendre à rencontrer.
C’est pourquoi il faut lutter contre la compétition. Il ne doit pas y avoir de gagnant. Nous n’avons pas le droit de faire perdre l’enfant. Tout le monde doit réussir, à son niveau. Et donc avancer tout en s’aidant des autres, sans s’y comparer.
Ce serait l’école idéale !!
Douzième photo : Un troupeau de moutons
Cette photo représente un troupeau de moutons. Sans le savoir, ils représentent le calligramme arabe qui signifie Allah. Ainsi le berger décrit Allah avec des moutons. D’après certains, c’est un miracle.
Ce qui importe, c’est que c’est agréable de regarder tout ce le monde peut créer.
Treizième photo : Une pirogue sur le fleuve Niger
Pour la dernière photo, il nous montra une photo représentant une pirogue sur le fleuve Niger, pas loin de Tombouctou. Il nous dit qu’après la traverse du Sahara, monde de cailloux, vrai désert parmi les déserts, où seules vivent des gerbilles, c’est un soulagement de se retrouver là. Ces quelques animaux qui vivent dans le grand désert, petites souris blanches, dorment le jour, boivent l’eau que dépose la nuit sur les plantes, la rosée. La nuit, ils mangent les quelques herbes qu’ils trouvent.
Là où il ne peut y avoir que rien, il y a quelque chose. Ces petite souris, sont des êtres, et elles vivent dans un désert sans vie. Le monde peut paraître sec, mais aussi un paradis terrestre quand on y voit l’eau.
C’est pourquoi il ne faut pas le détruire.
En conclusion, comme vous l’avez remarqué, Albert Jacquard parvient à montrer des évidences, simplement en nous faisant accepter ce qui est vrai. |